ZOMACHI - Escale du Retour

Zomachi Escale du Retour
Ella Armstrong Honorat Aguessy
Ella Armstrong Honorat Aguessy
Ella Armstrong
Honorat Aguessy


ZOMACHI était l’une des initiatives de l’Institut de Développement et d’Échanges Endogènes (IDEE), du Prof. Honorat AGUESSY (1934–2022), membre engagé de la société civile de Ouidah.

Zomachi était l’Escale du Retour et de la Réconciliation et se trouvait dans la commune de Ouidah, qui fut du XVIᵉ au XIXᵉ siècle l’un des centres du commerce triangulaire atroce.

ZOMACHI signifie « là où la lumière ne s’éteint jamais » en langue fongbé, contrairement au site ZOMAÏ, « l’endroit où la lumière ne devait pas rentrer », situé juste derrière.

À ZOMAÏ, les capturés étaient enfermés dans une obscurité totale avant d’être forcés de poursuivre le chemin vers la déportation à travers l’Atlantique.

ZOMACHI faisait partie d’un ensemble de monuments disposés autour du Bois PINI, arbre que l’on retrouve également en Haïti, symbole des luttes de libération.

Après l’initiative lancée par l’UNESCO en 1994 avec le projet « La Route de l’Esclave », l’UNESCO et l’État béninois ont réalisé conjointement La Porte du Non-Retour, située sur la plage, pour rappeler le douloureux départ de l’Afrique.
C’est en ce lieu que, chaque année le 10 janvier, est célébrée la Fête du Vodoun, en présence de visiteurs venus du monde entier, notamment des Caraïbes et des Amériques.

ZOMACHI comprenait un ensemble de bâtiments en cours d’achèvement : 50 chambres, un syndicat d’initiative, un maquis, un musée, une galerie, une salle de conférence et un restaurant.

Mémorial ZOMACHI
Le Mémorial ZOMACHI était un site de mémoire et de recueillement situé au sud du Bénin, dédié à l’histoire de l’esclavage, à la réconciliation et au dialogue entre l’Afrique et sa diaspora.
Le nom Zomachi, issu de la langue locale FON, peut être interprété comme « le lieu où le feu ne s’éteint pas », en référence à la persistance de la mémoire et à la transmission de l’histoire. Conçu comme une case de réconciliation, le mémorial associait architecture traditionnelle et éléments artistiques symboliques. Les bas-reliefs et sculptures représentaient les souffrances liées à la traite négrière, les formes de résistance des populations asservies ainsi que l’espérance d’un avenir fondé sur la reconnaissance et la dignité. Le site invitait les visiteurs à une réflexion sur les conséquences historiques de l’esclavage et sur l’importance du travail de mémoire.
Le Mémorial ZOMACHI jouait également un rôle culturel et spirituel. Il était associé à la célébration de la fête du vodoun, religion traditionnelle profondément ancrée dans la société béninoise. À cette occasion, le lieu accueillait des rituels, des cérémonies commémoratives et des rassemblements culturels visant à honorer les ancêtres et à transmettre le patrimoine immatériel. Reconnu dans certains réseaux culturels et associatifs internationaux, le mémorial était présenté comme un symbole de rapprochement entre le continent africain et les communautés de la diaspora, favorisant les échanges mémoriels, culturels et historiques.
Destruction En 2024, le Mémorial ZOMACHI a été démoli dans le cadre d’une décision des autorités publiques. Cette destruction a entraîné la disparition physique d’un lieu de mémoire et de culture. Les informations officielles et la couverture médiatique internationale concernant les motivations et le déroulement de cette démolition sont restées limitées, suscitant des réactions critiques dans des milieux culturels et associatifs. Le Mémorial ZOMACHI n’existe plus aujourd’hui en tant que site matériel. Son héritage se poursuit néanmoins à travers des archives, des témoignages, des productions artistiques et des initiatives citoyennes dédiées à la mémoire de l’esclavage et au dialogue entre l’Afrique et sa diaspora.

01/2024: Déstruction du Mémorial Z O M A C H I